
D'UN MILLENAIRE A L'AUTRE
Les Montgolfières
Le Pays d'en Haut
La Rivière
La Maison
Je Viens de la Terre
Les Ouvriers de la Montagne
Le Tunnel
Amigo "S" Poncho
Guillaume Tell
La Chamade
Le Grand Barrage
Le Lac des Cieux
La Montée à L'Alpage
Le Village
La Route est Longue
Enfants d'Ici Enfants d'Ailleurs
Kinsale
Woodstock
New York
Chinatown
Jérémie
Montreux
Le Nil
Vanessa la Plongeuse
Le Bleu des Blouses
Switzerland
Chez moi c'est pas Chez moi
L'Accident
Le Trans Europe
Les Larmes de l'An 2000
Génération +
Jacqueline Matine
Les Patineurs
PAVES / CRISTAL
La chanson Les larmes de l'An 2000 a été écrite par Jean-Pierre Huser en 1968 à Montparnasse.
Elle ne sera enregistrée pour la première fois que 10 ans plus tard en 1978.
Les Larmes de l'An 2000 paraîtra la première fois en 1978.
Les Larmes de l'An 2000 est le cinquième et dernier morceau de la face A de l'album éponyme.
On peut retrouver Les Larmes de l'An 2000 en quatrième morceau de la face B du 33 tours compilation Paroles et Musiques N°7 qui sort en 1979.
Elles sont aussi présentes dans les albums 33 tours Best Soft N°1 et Enfants d’Ici Enfants d’Ailleurs sortis respectivement en 1987 et 1988.
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Un vieux m'a demandé si j'voulais pas l'aider
A traverser la route, il était aveugle à moitié
Il m'a dit c'est la gestapo au temps d'la torture
Tirant sur son manteau qu'avait passé sous une voiture
Plus tard au bar du Dôme, à Montparnasse, j'ai vu dans un miroir
La casquette d'Hitler derrière un verre de bière
Sa croix gammée en l'air, sa moustache et sa mèche de travers,
Avec ce bruit d'bottes toujours derrière
C'était en l'an 2000 déjà et moi
J'avais dans les mains un grand seau de larmes de larmes,
Un grand seau de larmes
L'oeil d'Picasso pleurait l'Espagne derrière un grand verre de champagne
Ses pinceaux flottaient dans du rouge quand Lorca s'est fait fusiller
Comme bien plus tard Martin Luther le King Noir des ghettos d'Harlem
En 63 en plein Dallas c'était l'tour de John Fitzgerald
C'était en l'an 2000 déjà et moi
J'avais dans les mains un grand seau de larmes de larmes,
Un grand seau de larmes
Mon village était tout foutu deux autoroutes passaient pard'ssus
L'béton dégueulait sur les arbres les p'tit oiseaux ne chantaient plus
Ma mère recousait ses sourires comme des souvenirs d'enfance
En disant Mon Dieu c'que ça change on n'peut même plus vieillir en paix
Sa maison avait disparu
Tout est tombé dans la poussière un soir de clair de terre
Depuis la lune où l'on creusait nos tout premiers cimetières
Pendant qu'Israël en six jours toute une ville avait disparue
Au Liban plus d'Palestine un village avait disparu
L'O.N.U. préparait les tartines pendant qu'l'lrlande et l'Angleterre
Même les enfants se tiraient d'ssus
Pendant qu'Amin au carnaval roulait ses galons d'Cannibale
Pendant qu'partout c'était du même avec un clou dans chaque poème
Avec une balle dans chaque problème
Le vieux «a» passé sous une voiture en criant : «Au Secours»
Personne n'avait voulu l'aider à traverser l'amour
Comme au temps d'la gestapo au temps d'la torture
On l'a r'couvert d'son manteau là tout près d'une boîte à ordures
C'était en l'an 2000 déjà et moi
J'avais dans les mains un grand seau de larmes de larmes,
Un grand seau de larmes
L'oeil de Lénine fixait l'arène
A Léningrad riait Staline il buvait d'l'URSS comme d'la vodka
Déjà bien avant Budapest
Alléluia criait papa en sortant fou d'rage de l'usine
On les aura tous aux cuisines
Oubliant Mao et la Chine la psychiatrie et la morphine
La force de frappe et l'héroïne
Avec la voix off de Chaplin Dylan chantait :
«Times they are changing»
On dansait des tangos d'époque plus à Paris qu'en Argentine
Même à Rome on dansait du Rock
Alors que l'pape disait non à la pilule
Pour les copains pis les copines
Marx errait tout seul en frappant sur le tambour d'sa doctrine
Einstein swingait relativement
Les Blues de Gerschwin à quatre temps
En Amérique loin des Allemands
Y'avait beaucoup trop d'sang dans la rue...
Plus tard au bar du Dôme, à Montparnasse, j'ai vu dans un miroir
La casquette d'Hitler derrière un verre de bière
Sa croix gammée en l'air, sa moustache et sa mèche de travers
Avec ce bruit d'bottes toujours derrière
C'était en l'an 2000 déjà et moi
J'avais dans les mains un grand seau de larmes de larmes,
Un grand seau de larmes
J'ai vu tout l'cinéma muet le noir et blanc des frères Lumière
Comme après la guerre en couleur
Pendant qu'sur fond bleu italien les bulles d'époque de 1900
Dev'naient plus tard des bulles de sang
La caméra sur Guernica giclait dans l'air de Santiago
Pendant qu'mourraient Alliende comme Néruda
Les indiens jouaient à cache-cache dans les westerns vendus «cash»
Leur propre histoire à coup de hâche
A coup de hâche à coup de hâche
Un producteur pensait dollars les évèn'ments rapportaient gros
A peine avaient-ils existé qu'on les foutait sur du papier
Sur tous les écrans des Boul'vards dans tous les films de Babylone
Un balladin avec une gomme au milieu d'millions de bobines
Courait après l'image comme on court après la vie
Alors que sous l'orage
Le vieux fut enterré près du cimetière à voitures
Où il fut torturé en 42 sur la figure
II m'a dit c'est la gestapo au temps d'la torture
Puis il m'a dit encore
Serrant mon bras très fort
Pourvu qu'vous n'voyez jamais ça mon p'tit !
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La version de Les Larmes de l'An 2000, paroles Jean-Pierre Huser, musique Jean-Pierre Huser, présentée dans le coffret D'un Millénaire à l'Autre a été enregistrée en 1986, 20 ans après sa composition, au Studio Torche à Fribourg et au studio Sixty à Lausanne.
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